Etape 24: De Nogaro à Aire-sur-Adour

De Nogaro à Aire-sur-l’Adour:Vive le maïs !

 

Didier Heumann

Milena della Piazza

Aujourd’hui, le chemin va traverser l’extrémité ouest du Bas-Armagnac pour faire une petite incursion dans le  département des Landes, à Aire-sur-l’Adour. Au sortir des Pyrénées, l’Adour passe  au coeur de la longue plaine de Bigorre, avant de pénétrer dans le Bas-Armagnac  dans une vallée opulente. A Aire-sur-l’Adour, le fleuve entre dans le département des Landes.  Les terres qu’il traverse sont fécondes. Le maïs est partout, côtoyant de plus rares vergers ou vignes.  Vignes et maïs se disputent un pays où, les canards surtout (moins les oies)  envahissent les laids tunnels d’élevage de plastique vert.

Du maïs, vous en avez eu une petite idée en traversant le Gers, Ici, dans ce pays de transition ente le Gers et les Pyrénées Atlantiques en passant par les Landes, du maïs, vous allez en avaler, jusqu’à saturation. Cette région est le plus grand producteur de maïs de France. Dans les Landes, 69% de la surface agricole est plantée de maïs !  Il en faut de ces beaux grains dorés pour nourrir les 11 millions de palmipèdes en élevage, dont  8 millions en gavage. Avec ces volumes, Les Landes sont le premier département producteur en France avec un quart des volumes nationaux.

La vigne reste aussi présente. On fabrique de l’armagnac jusqu’à Aire-sur-l’Adour. Vous allez traverser en particulier le vignoble de St Mont,  un vignoble implanté dans un paysage de coteaux et de collines molassiques au milieu de cultures de maïs. Ici, les vins rouges sont issus surtout de tannat et de cabernet. Nous ne sommes pas très éloignés du Madiran et de son célèbre tannat.  Pour les vins blancs on utilise des cépages ancestraux et autochtones, comme le petit curbu ou l’arrifiac. Le manseng, la célébrité du Jurançon, près de Pau, entre aussi dans l’élaboration des vins.

Le GR65 part aujourd’hui direction ouest, traversant l’extrémité du Gers, pour aller baigner ses pieds dans l’Adour, à l’orée du département des Landes.

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L’étape est assez longue. Le parcours aujourd’hui ne présente aucune difficulté, d’abord sur de légers vallonnements, puis à plat le long de l’ancienne voie ferrée.

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Le GR65 quitte Nogaro en montant sur la petite départementale D143 dans la banlieue, jusqu’à un château d’eau.

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Il continue sur la route jusqu’à trouver une petite bifurcation. Ici, un panneau indique le gîte de l’Arbladoise, plus loin sur la départementale.

 

Autrefois, le Chemin de Compostelle historique suivait cet axe. Personne ne sait plus très bien où passaient précisément les chemins au Moyen-âge. Les nouvelles routes, les nouveaux lotissements ont changé tout cela. On a dessiné un itinéraire pour limiter au maximum les passages sur routes. Mais, à l’impossible nul n’est tenu ! Plus de la moitié du Chemin de Compostelle emprunte le goudron !  Certains esprits chagrins ont même proposé de transformer le « Chemin de Compostelle » en « Goudron de Compostelle ».

Alors, ici, le GR65 abandonne momentanément le goudron, pour nous permettre de jeter un coup d’œil plus attentif  aux vignes et aux maïs.

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Un sentier didactique raconte, mois par mois, la vie de la vigne. Certains marcheurs apprendront peut-être quelque chose de nouveau pour eux.

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Le GR65 part ensuite dans le sous-bois pendant de longues minutes. Quand il ressort du bois, c’est pour retrouver les champs de maïs.

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Nous sommes fin juin, le moment où va démarrer la floraison du maïs que l’on a  planté au début de mai. Le maïs est une espèce qui possède fleurs mâles et femelles su le même pied. Les fleurs mâles sont tout au somment de la plante, constituées d’un panicule ramifié portant une multitude de fleurs mâles porteuses de pollen. Les fleurs femelles sont situées plus bas, à l’aisselle d’une feuille,  et capteront le pollen grâce à de spectaculaires styles, que l’on appelle soies. Les fleurs femelles peuvent être pollinisées par du pollen de la même plante ou de plantes différentes. Comme le pollen est dispersé par le vent, la pollinisation croisée se réalise dans la majorité des cas. De deux à quatre épis peuvent engager un développement mais généralement un seul arrive à maturité. La nature sait limiter les naissances !

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Peu après, le GR65 croise le ruisseau de la Juranne, juste un petit filet d’eau dans les broussailles.
Depuis le ruisseau, un large chemin de terre passe par un flanc de collines, dans les champs de maïs vers le sous-bois. On y voit aussi un peu de blé.

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Le chemin monte encore sur la pente douce des collines, dans les vignes jusqu’au sommet de la crête, à la hauteur du hameau de Châlet, avec ses quelques maisons éparses dans la verdure au bord de la route.

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Le GR65 redescend alors de la crête vers la plaine, au milieu des prés et des maïs.  D’usage, la nature dispose tout ce qu’elle offre sans gêne dans un paysage. Peu de symétrie, la nature ne plante pas comme un jardinier. C’est ce qu’elle fait encore ici, au fond des vallons, près des ruisseaux. Mais voilà, l’homme lui possède sa propre vision du monde et du paysage. Il analyse les sols, plante en fonction. Alors, la symétrie et l’organisation deviennent la règle. On plantera les maïs qui ont besoin d’eau près du ruisseau ou de la rivière. Les vignes, on les réservera pour les sommets plus arides des collines. Et le blé, on le cultivera là où sont les meilleures terres, souvent à mi pente.

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Bientôt, le chemin rejoint  la départementale D143. Là, il traverse l’Izeute, une rivière, pour ne pas dire un gros ruisseau, mais dont l’eau ne sera pas perdue pour tout le monde.

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Arrive alors un petit tronçon dont raffolent les pèlerins. Le chemin longe assez longtemps la départementale sur une bande d’herbe étroite. Alors, le pèlerin, qui aurait pu croire pouvoir quitter le monde moderne  sur de petits sentiers perdus, retrouve avec délectation le ronronnement des camions et des voitures qui filent sur la ligne droite. Et le petit jeu dure jusqu’à gagner une petite zone industrielle, à Despons.

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Derrière la  zone industrielle, une route de terre s’en va entre terres cultivées et jachère dans le royaume des maïs.

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Ici, le chemin se faufile le plus souvent entre des haies de chênes. Des deux côtés de la route poussent les maïs, à perte de vue, piqués parfois de la tache sombre que fait un petit bosquet ou un majestueux chêne  perdu là par hasard. Celui-ci a retrouvé une raison d’être plus conviviale et commerciale !

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A l’approche de la commune de Lanne Soubiran, le chemin de terre avance plus dans les sous-bois verdoyants. Il monte un peu jusqu’à la ferme de Labarbe, un gîte d’étape qui sait accueillir le pèlerin avec des fleurs. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 24: logements, restauration).

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Au détour du chemin, d’une basse-cour à l’autre, vous pourriez apercevoir  ou entendre cacarder des oies en semi liberté. Ces oies dodues vous dédaigneront ou alors se mettront à criailler de manière insoutenable lorsque vous vous rapprocherez de l’enclos. Sont-elles silencieuses la nuit ?  Personne n’était là pour le dire.

Un peu plus haut sur la colline, le petit village coquet et silencieux de Lanne Soubiran  se regroupe et se recueille autour d’une petite église. Lanne Soubiran signifie « lande de dessus », ce qui qualifie assez bien la région. L’église, dédiée à St Pierre et St Paul, d’origine romane (du moins le porche), a profondément été remaniée au cours des époques. Le clocher quadrangulaire est assez curieux. A côté de l’église, se trouve le charmant ancien presbytère, reconverti en maison d’hôtes. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 24: logements, restauration).

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A la sortie d’un village fort étendu, le GR65 emprunte une petite route goudronnée qui va vers Villeneuve, jusqu’à  une maison au bord du bois, qui offre des possibilités de grimper aux arbres ou de se restaurer à l’ombre des chênes.

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A partir de la halte, une petite route goudronnée sillonne d’abord la campagne, avant de se rapprocher progressivement de la forêt de la Lande du Bois, là où se cache un beau petit lac, où les chênes et les autres feuillus trempent leur feuillage dans les eaux brunes et dormantes.

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Un peu plus loin, la route goudronnée va faire place à un chemin de terre, presque du sable, au milieu des champs de maïs. Les maïs doivent trouver leur bonheur ici. L’eau est toute proche.

Le chemin se rapproche alors un peu plus d’un plus grand bois, le Bois de la Lande. Dans le bois, le chemin est parfois embourbé, même ici par temps très sec. Cela doit être une grande jouissance de ne pas pouvoir décoller ses semelles de la boue poisseuse en temps de pluie.  Dans les endroits à tel risque, on voit souvent se dessiner des axes secondaires parallèles au chemin principal. Ils ne servent pas qu’aux sangliers, non ?

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Autant la vie peut paraître organisée pour la vie des plantes et la vie des hommes sur les plateaux et les collines, autant elle devient plus touffue, presque exubérante à mesure que l’on redescend vers les ruisseaux. Le chemin descend alors un peu, à la limite des sous-bois dans les champs de maïs,  pour traverser le petit ruisseau de la Daubade.

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Un petit chemin sillonne alors en montant légèrement la forêt de feuillus de la Rigade. Les fougères font un tapis vert tendre, cohabitent avec l’aubépine. Plus loin, c’est une futaie de charmes, de chênes ou de petits hêtres. Les gammes de vert ne rivalisent entre elles que pour le plaisir des yeux.

A la sortie du sous-bois, voici à nouveau le maïs, mais aussi ici le tournesol, le long de chemins de terre qui se prennent l’allure seigneuriale que l’on trouve dans les grands parcs des châteaux.

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On a devant soi une mer de maïs, de blé aussi, marquée de temps à autre par la présence de la tache sombre d’un bosquet.  Mais le chemin va reprendre de la hauteur. Et qui dit hauteur ici, dit vignes. Le chemin va frôler une partie du grand vignoble de St Mont, un des fleurons des vins de la région.

La route monte alors dans les vignes jusqu’au sommet de la colline.

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Puis, elle redescend dans la campagne jusqu’au hameau de Castin, à 2.5 km de Lelin-Lapujolle.

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Vous vous étonnez peut-être. On vous a annoncé que le pays regorgeait de palmipèdes et que l’on n’a pas pu s’en mettre sous la pupille jusqu’ici. Est-ce que les architectes du Chemin de Compostelle ont voulu  protéger les pèlerins pour ne pas trop les gaver de foie gras ?  Sans doute pas, car des canards, on en verra plus bas dans les Pyrénées Atlantiques.  Ici, ils doivent être juste un peu plus éloignés du chemin.  Il n’y a aucune raison  de la présence de cette orgie de maïs pour rien.

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Depuis Castin, la route remonte un peu vers le hameau de La Grange.

A partir de là, le GR65 descend vers Lelin-Lapujolle au milieu des rampes frontales, ces énormes bras articulés qui, comme les tentacules des pieuvres, plongent avec souplesse sur les maïs et les blés pour mieux les irriguer.

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Des champs de maïs à perte de vue, alors les canards ne sont pas très éloignés du chemin.  Et c’est vrai. Ils doivent être confinés là-haut dans le hangar, derrière le silo ! C’est leur vie courte, leur tragique destin.

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Puis, le chemin remonte très légèrement jusqu’à une bifurcation qui permet de gagner la ferme de Dubarry où on peut loger. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 24: logements, restauration).

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De la bifurcation, un chemin herbeux descend en pente douce à la limite des sous-bois dans le vignoble.

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Chemin faisant, au hameau de Brana, un propriétaire a bardé son jardin de signes tangibles que le pèlerin connaît bien. Les cairns, ces amoncellements de pierres, qui peuvent varier de simples amas branlants à de savantes prouesses architecturales défiant l’équilibre, on en trouve tout le long du chemin. Le cairn, dit aussi  montjoie, est placé à dessein pour marquer un lieu particulier ou une intention. Il possède une vielle origine celtique. En  Ecosse,  la coutume est encore de transporter une pierre jusqu’en haut de la colline pour la déposer sur un cairn.  Les pèlerins se plaisent souvent à compléter ces sculptures temporelles fragiles.

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Depuis le hameau, une petite route goudronnée descend encore en pente douce dans le vignoble, jusqu’à atteindre le bas du village de Lelin-Lapujolle. Selon les saisons, quand vous passerez par ici, votre nez sera peut-être alerté par les miasmes des produits chimiques que l’on balance sur les ceps.

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Une pente assez soutenue mène alors à l’église du village et son curieux clocher en porte-à-faux, dont une moitié est suspendue sur le vide. L’église est une chapelle du XVIème siècle  construite sur un tumulus datant de l’âge du bronze, en lieu et place d’une ancienne chapelle romane. Si vous aimez le baroque, pénétrez pour y voir un retable en bois d’acacia doré et polychromé, inscrit aux monuments Historiques. Ici, même la mairie fait partie de l’église.

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Un point d’eau et une halte bienvenue pour se restaurer sont présents sur la place de l’église.
Au bas du village, le GR65 rejoint la petite départementale D169.

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La route remonte d’abord en pente légère vers la crête, au milieu d’habitations dispersées. Il transite alors sur la crête, d’abord au milieu des prés, puis dans les vignes qu‘il retrouve ici. Le domaine de St Mont développe ses vignobles dans toute la région que l’on traverse, et même plus loin.

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Puis la route redescend vers le hameau de Houaré, ses tuiles brunes et ses quelques fermes de pierre alignées le long de la route.

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Ce sont ici les derniers relents des collines du Gers. Encore une petite descente et voici l’immense plaine de l’Adour, lorsque le chemin passe à côté du hameau de Manet.

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Une route goudronnée va alors traverser l’immense plaine de l’Adour. Au début, il y a  encore quelques chênes qui se demandent ce qu’ils ont à faire ici, mais  bientôt, il n’y aura plus que du maïs et des oléagineux. Par endroits, les rampes frontales étendent leur bras si loin qu’on se demande si  elles n’iront pas jusqu’à toucher de leurs doigts les Pyrénées. Dans le lointain horizon, près de l’Adour, se dressent des usines.

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La route passe près des maisons isolées de Catchébot dans un paysage qui ne varie guère, sans fin. Quand vous passerez par ici, vous aurez peut-être une idée de ce que l’on nomme l’infini.

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Un train ici, vous rêvez ! Ce n’est que l’ancienne voie de chemin de fer aujoud’hui fermée à jamais.

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Alors, départ pour une balade interminable dans les maïs à côté de l’ancienne voie de chemin de fer. La nature généreuse a parfois laissé ici quelques bouquets de chênes pour que les pèlerins puissent déposer  leur sac quelques instants à l’ombre.

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D’autres champs sont attentes de cultures, peut-être du soja. Il y a même une halte fantôme où on vous promet le bonheur. A la halte, il n’y a plus que des chaises vides.

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Des kilomètres durant le paysage n’évolue pas, dans une morne plaine sans relief, sans mystère, sans âme, mais avec des terres fetiles. Puis, on ne sait pourquoi, la route se décide à traverser la voie ferrée à Costefort, sans doute une ancienne gare où le monde ne devait pas se presser au portillon.

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A Costefort, où un embryon de présence humaine se déploie, le GR65 va croiser la départementale D169 et continuer de l’autre côté sur d’interminables bouts droits.

Le paysage ne change guère, avec un peu plus de landes qu’auparavant. Mais les maïs restent éternels, omniprésents. Cependant, on s’approche progressivement des zones industrielles de Barcelonne-du-Gers et de Aire-sur-L’Adour.

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Sur des kilomètres, la monotonie alors s’installe, s’insinue, génère une certaine lassitude dans un décor que de nombreux pèlerins diront insipide. Seuls parfois un bouquet d’arbre ou alors l’eau d’un petit ruisseau viennent couper cette route de terre sans fin.

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A l’approche de Barcelonne-du-Gers, la lande remplace les maïs. Le chemin se rétrécit mais file toujours tout droit.

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Délivrance enfin ! Le GR65 arrive bientôt dans les faubourgs  de Barcelonne-du-Gers en longeant la petite rivière du Jarras.

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A Barcelonne-du-Gers, petit bourg  sans grand caractère, il n’y a rien de particulier, si ce n’est le magnifique lavoir à l’entrée, construit à la fin du XIXème siècle et qui fut utilisé presque jusqu’au milieu du siècle dernier.

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On trouve à se loger et à se restaurer dans le bourg. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 24: logements, restauration).

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Le GR65 traverse le bourg et se retrouve rapidement dans la banlieue. Barcelonne-du-Gers et Aire-sur-l’Adour sont presque contigus. Barcelonne est aux confins du Gers, Aire-sur-l’Adour dans le département des Landes.

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Toutefois, le GR65 va faire encore un petit crochet entre campagne et banlieue avant d’arriver à Aire-sur-l’Adour.

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Enfin, le GR65 rejoint la départementale D163 pour arriver à la ville sur le pont qui enjambe l’Adour.

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Le pont de pierre à cinq arches sur l’Adour date de 1852. Les rives de l’Adour ont été aménagées en une promenade qui mène jusqu’aux arènes modernes, sans grand caractère. Enfin, il y a tout de même une différence notoire par rapport aux arènes que l’on a rencontrées jusqu’alors. Ici, on pratique de la vraie corrida, avec mise à mort des taureaux.

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Les landais et les basques aiment la fête. Aussi, vous ne serez pas surpris si vous débarquez ici pendant des ferias qui durent plusieurs jours. Alors, les places et les abords du fleuve se couvrent de boutiques et de restaurants ambulants.

Aire-sur-l’Adour (6000 habitants) est articulée sur la rivière, avec ses petites rues et ruelles commerçantes, avec parfois des endroits plus pittoresques.

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La Halle aux Grains, avec ses arches de pierre et son très beau plafond, datant de 1860, est inscrite aux Monuments Historiques.

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Il en est de même de la cathédrale St Jean Baptiste, siège d’un ancien évêché.

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Mais les deux petites merveilles de la cité sont situées sur les hauteurs. Il y a surtout l’Eglise Ste Quitterie, la crypte en particulier avec le sarcophage de la sainte, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Vous trouverez ici aussi une extraordinaire table de pierre, un des premiers exemples d’amplification sonique. Si vous trouvez porte close ici, renseignez-vous à l’Office du tourisme. Le gardien du gîte des Ursulines à côté peut vous ouvrir l’édifice.

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On ne saurait oublier de mentionner, juste en face de l’église, la Chapelle des Ursulines, un lieu désacralisé qui sert aujourd’hui de gîte.

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Les possibilités de restauration et de logement sont nombreuses ici. Informations supplémentaires sur le site à Etapes (Etape 24: logements, restauration).

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Pour marque-pages : permalien.

2 réactions à Etape 24: De Nogaro à Aire-sur-Adour

  1. Félicitations Didier,
    ton site aidera les pèlerins sur l’itinéraire de leur chemin.
    Bravo Didier pour pour la complète illustration des étapes, notamment celle de Nogaro à Aire (no 24 ) .
    Tu a dû bien te donner du mal et les gîtes cités ne peuvent que t’en remercier.
    Petite rectification,le restaurant « Chez Alain  » à Barcelone du Gers a pris sa retraite et n’a trouver de successeur.
    Bravo encore et au plaisir de te recevoir parmi nous.
    Gérard et Sophie (La Chapelle des Ursulines Aire sur l’Adour )

    • admin a écrit:

      Mes Chers,

      Merci d’avoir relu tout cela avec attention. Bien évidemment que je sais où se trouve votre magnifique gîte. La dernière fois que j’ai passé cette année, je pense que c’est toi Gérard qui nous a ouvert la porte de la Crypte à Ste Quitterie. Merci encore de m’avoir mentionné la fermeture du bistrot d’Alain. Je ferai pour votre gîte les corrections nécessaires.

      Ultreia!

      Didier

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